Citation : " (...)Viennent ensuite les nourrices (images de la terre nourricière), assises dans un fauteuil d'osier et allaitant  un ou deux enfants. Ce "lien du lait" est unique dans l'Occident romain, et typiquement gaulois." 

Maurice Franc "Les figurines de terre blanche de l'Allier" Bulletin de la Société d'Emulation du Bourbonnais, 1er trimestre 1990

ROBIN Ghislaine

 

Texte : Robin Ghislaine

On l’appelait Vénus…

 

 

Venus protectrice photo dominique boutonnet

 

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Sur son promontoire isolé, Vénus contemplait

Les siècles, témoins, des stigmates du passé...

 

La ville endormie gisait sous ses pieds

Sans craindre l'épée qui la menaçait

Dans ses longs cheveux de couteaux tressés

Elle offrait aux hommes son corps dénudé...

 

Qui aurait pu croire qu'elle avait vécu

Au sein de ce peuple qui l'a corrompue

Sous ses bras fragiles elle avait caché

Sa progéniture aux dieux destinée.

 

Mais avec le temps son corps décharné

A vaincu les siècles sans se dégrader

Vénus était plus qu'un rêve enchanté

Puisqu'elle a vécu pour l'éternité.

 

Des mots de poètes l'avait modelée

Pour mieux lui permettre de vivre cachée

Elle avait conçu sans rien éprouver

Car pour elle les hommes vont être châtiés.

 

Des hommes, elle cherchait pour mieux procréer

Mais elle refusait leur promiscuité

Des hommes qu'elle laissait comme ensorcelés

Pour mieux éprouver leur virilité.

 

Mais les dieux vengeurs n'ont pas supporté

Que simple déesse se transforme en Fée

Et pour démontrer leur contrariété

En statue de sable, l'ont représentée.

 

Qui aurait pu croire qu'un dieu protecteur

A fait de Vénus l'arche du bonheur

Sa voûte brisée l'avait protégée

Petit grain de sable elle était restée.

 

Mais le dieu soleil a brandi son arme

Pour la posséder a rompu le charme

Sur la terre entière il voulait régner

C'est une bourrasque qui l'a inspiré.

 

Et dans ce nuage, toute gauloiserie

Ne permit au sage aucune courtoisie

Le vent s'est levé, l'a transfigurée,

Simple figurine, en statue figée.

 

Sur son promontoire isolé, Vénus comparait

L'attitude des hommes face aux dieux implorés

 

Vénus impudique au manteau glacé,

Offrait sa candeur à ces écorchés...

Ces êtres sans cœur et de sang mêlé

Qui au premier cri, pleurent au dernier.

 

Rien n'est plus cruel que l'humanité

Quand la peur s'empare de ses feux sacrés

Ce sont ses enfants qu'elle a sacrifiés

Ceux qui de la terre l'avait flagornée

 

Vénus était une pour l'humanité

Et c'est dans son ventre qu'un dieu affamé

A conçu l'horreur pour les supprimer

En faisant des hommes, du temps, prisonniers.

 

Et dans ce chaos la terre a tremblé

Des larmes de sang l'ont déchiquetée

On appelle encore œuvre inachevée

Cette terre inculte que l'homme a bafouée.

 

Vénus était une mais la destinée

L'a rendu coupable de porter l'épée

Celle que les hommes au cœur lacéré

Vainqueurs ont brandie pour mieux s'imposer.

 

Sur son promontoire isolé, Vénus espérait

Confondre à son histoire, celle de l'humanité...

Les hommes ont besoin de s'imaginer

Que ce sont les dieux qui les ont créés

 

 

 

Et c'est une histoire qu'ils ont inventée

Pour donner un sens à l'humanité.

A cette légende qui s'est constituée

Les dieux et les hommes se sont affrontés

 

Mais une barrière les a séparés

Même si poussière nous devrons rester.

Contemple la statue qui est représentée

Elle nous parle d'amour, de guerre, de paix

 

Mais si tu mets à nu ce qu'elle veut révéler

C'est un mythe qui reste pour l’Éternité

 

 

FIN.

 

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Date de dernière mise à jour : 02/11/2018